Comment créer une expérience collective avec un dispositif VR ?
Comment créer une expérience collective avec un dispositif VR ?

On entend souvent dire que “la réalité virtuelle, avec un seul casque, est une activité individuelle”(1). Et pour cause, lorsque l’on porte un casque immersif, on est plus ou moins isolé du monde extérieur (c’est même un objectif assumé pour beaucoup d’applications de la réalité virtuelle). Pourtant, au travers des centaines de formations et de sensibilisations que nous réalisons chaque année, nous avons pu constater que cette technologie permet le partage, la coopération et la mise en synergie de groupes d’individus. Nous vous expliquons pourquoi.
La réalité virtuelle favorise la collaboration au sein des équipes de participants aux journées sécurité
Lorsqu’un animateur intervient lors de journées sécurité (lien vers article JS) en entreprise, il propose aux participants volontaires de porter le casque chacun leur tour. Mais il ne s’arrête certainement pas là. En effet, même si le participant “acteur” remplace sa vision du monde réel par sa vision de l’environnement immersif virtuel dans lequel il est plongé, il est toujours capable d’entendre les autres personnes dans la pièce, notamment ses collaborateurs. Ces derniers vont en effet être tentés de s’adresser à lui :
- L’animateur partage l’expérience en cours avec les spectateurs en projetant l’atelier sur grand écran.
- Il introduit l'activité à tout le groupe en incitant chacun des spectateurs à partager sa vigilance avec le participant, comme il leur est conseillé de le faire au quotidien.
- Il réagit avec l’apprenant au contenu projeté et fait participer les spectateurs en les sollicitant sur les moyens à mettre en œuvre pour réagir aux situations exposées.
- Il débriefe l’activité après chaque passage mais également une fois que tout le groupe est passé. Il relève ainsi les acquis, points forts mais aussi les sujets à améliorer.
- L’animateur peut donner aux responsables des informations sur des problèmes réels en les soulevant avec les opérateurs grâce à l’expérience en cours de projection.
En pratique, nous constatons que de nombreux spectateurs réagissent spontanément en regardant la projection de la vue du participant. Comme chacun remarque des détails différents, il n’est pas rare qu’un participant “spectateur” prenne l’initiative de prévenir l’acteur de quelque chose qu’il a vu à l’écran. La communication fonctionne dans l’autre sens aussi, car le participant “acteur”, volontairement ou non, peut exprimer ses doutes à haute voix et solliciter ainsi l’intelligence collective.
Finalement, tous les apprenants sont impliqués, qu’ils aient le casque sur la tête où qu’ils soient en train de visionner le passage en cours. La sollicitation de chacun permet au groupe de prendre du recul sur la sécurité qui le concerne. Chaque individu peut ainsi apprendre des autres et apprendre aux autres en partageant sa culture de la sécurité et son expérience (anciens/nouveaux, expérience d’accident…).
Comment, en tant qu’animateur, peut-on renforcer l'esprit d’équipe et l’engagement ?
Si des sessions individuelles ou en petits groupes permettent de passer plus de temps sur le contenu de l’expérience partagée, tout bon animateur sait également utiliser la dynamique d’un groupe plus grand. Il est capable de renforcer le travail collaboratif, les échanges entre participants grâce aux ateliers en réalité virtuelle :
- Il adapte le déroulement de l’animation en fonction des profils des participants. Par exemple en sollicitant les meneurs afin qu’ils guident les autres et transmettent de manière horizontale la culture sécurité de l'entreprise et/ou les bonnes pratiques.
- L’approche gamifiée des Serious Game VR proposés permet de mettre en compétition les participants, de les pousser à atteindre un objectif ensemble. Il est précisé lors des sessions qu’il y a un score à atteindre en un temps imparti. Il peut leur être demandé collectivement d’améliorer le score atteint au fur et à mesure des passages.
- Il est possible de faire s’entraider les participants au travers de l’apprentissage des contrôles du dispositif de réalité virtuelle ou au travers de l’exercice à résoudre. En créant de la proximité pour cette entraide, nous nous assurons que les personnes les moins à l’aise puissent réaliser confortablement l’atelier en étant guidées par leurs collègues. C’est le principe de zone proximale de développement notamment reconnu dans le développement de l’enfant.
Quelques exemples d’interactions collectives lors de journées sécurité.
Journée sécurité où les participants, acteurs et spectateurs, interagissent ensemble
Lors d’une journée sécurité avec de petits groupes (4 à 6 personnes), un des participants peut assumer le rôle d’une vigie au sol devant guider le travail en hauteur sur nacelle réalisé en réalité virtuelle. Pour cela, via la projection vidéo en direct du passage en train d’être réalisé, il reprend son collègue sur ce qu’il a pu louper ou le conforte dans ses prises de décision.
Journée sécurité intégrée dans un “grand jeu HSE” avec des objectifs à atteindre en équipe
Lors de cette journée, une majorité de participants, en équipes, devait réussir à obtenir un certain score (une majorité d’anomalies trouvées, ne pas subir d’accidents…) sur différents exercices durant l’atelier en réalité virtuelle. L’objectif commun a suscité un fort engagement de la part de tous les participants. Cela a fait jouer la vigilance partagée et a maintenu la majorité des participants “spectateurs” attentifs en assistant le participant “acteur” de la réalité virtuelle. La réalité virtuelle a aussi contribué à améliorer la perception qu’avaient les apprenants de cet événement sécurité, créant une ambiance plus propice aux échanges constructifs et à l’apprentissage.
En conclusion, la réalité virtuelle peut être un outil puissant pour favoriser la formation, l'apprentissage collectif. En offrant une expérience immersive et engageante, elle peut encourager la collaboration et la communication entre les apprenants. (1) La réalité virtuelle permet bien sûr de faire interagir plusieurs joueurs ou apprenants, dans notre cas, dans un même environnement virtuel mais cette expérience nécessite autant de casques que d’apprenants et surtout un ordinateur ou une tablette dédiée pour suivre l’activité de chacun d’eux. Dans la pratique, cette organisation est assez lourde et pas toujours facile à déployer.

Écrit par Aurélie Tavernier
Responsable Marketing et Communication chez Immersive Factory.
Elle s'est prise d'intérêt pour la sensibilisation à la santé et à la sécurité au travail, convaincue qu’une approche adaptée aux collaborateurs peut transformer la culture sécurité et renforcer la vigilance partagée. Son ambition : encourager toutes les entreprises, quelle que soit leur taille, à s’investir activement dans la prévention santé et sécurité pour le bien-être de leurs employés.