Accidents du travail : le gouvernement renforce la réponse pénale pour mieux les prévenir
Accidents du travail : le gouvernement renforce la réponse pénale pour mieux les prévenir

Dans un effort pour freiner la stagnation du nombre d'accidents du travail graves et mortels (ATGM) en France, les ministères du Travail et de la Justice ont signé une instruction conjointe. L'objectif est clair : améliorer la coopération entre l'Inspection du Travail et la Justice afin de sanctionner plus fermement les manquements aux obligations de santé et de sécurité au travail.
Cette nouvelle mesure, présentée par Astrid Panosyan-Bouvet (ministre du Travail et de l'Emploi), Gérald Darmanin (garde des Sceaux) et Catherine Vautrin (ministre du Travail, de la Santé et des Familles), s'inscrit dans un plan plus vaste de prévention des ATGM. Après des décennies de baisse, les chiffres sont alarmants : plus de deux décès et 100 blessés graves par jour sur les lieux de travail.
L'instruction répond à une demande forte des victimes et de leurs familles pour une justice plus rapide et un meilleur accompagnement. Elle est le fruit d’un travail collaboratif entre la Direction Générale du Travail (DGT) et la Direction des Affaires Criminelles et des Grâces (DACG).
Trois axes majeurs pour une politique pénale plus efficace
L'instruction se décline en trois points clés :
1. Mobilisation renforcée des outils de prévention
L'Inspection du Travail est encouragée à verbaliser les infractions qui mettent en danger les travailleurs, même si un accident n'a pas encore eu lieu. Cela inclut les risques de chute de hauteur, l'utilisation d'équipements non conformes, ou le manque de formation. L'instruction insiste aussi sur le recours à la transaction pénale, qui permet à l'entreprise de payer une amende et de régulariser sa situation en évitant des poursuites judiciaires, à condition de prendre les mesures correctives nécessaires.
2. Une réponse pénale plus ferme et plus large
En cas d’accident grave ou mortel, la justice ne se contentera plus de viser l'employeur. Les enquêtes pénales s'étendront désormais à l'ensemble des acteurs impliqués, y compris les donneurs d’ordre et les maîtres d’ouvrage, si leurs manquements sont en cause. Pour accélérer les procédures, une coordination accrue est prévue, notamment par la cosaisine de l'Inspection du Travail et des services de police judiciaire dès l'ouverture d'une enquête.
3. Un meilleur accompagnement pour les victimes et leurs familles
L'État s'engage à être plus attentif aux victimes d'accidents et à leurs proches. L'instruction prévoit le renforcement des partenariats entre les parquets et les associations d'aide aux victimes pour une prise en charge immédiate. L'Inspection du Travail aura également pour mission d'informer les victimes sur leurs droits et de les orienter vers les structures d'aide appropriées.
Un impératif moral et une fatalité évitable
Comme le soulignent les ministres signataires, les accidents du travail ne sont pas une fatalité. Ils sont souvent la conséquence d'un défaut de prévention, d'une formation insuffisante ou d'une chaîne de responsabilité défaillante, notamment dans les longues chaînes de sous-traitance.
Cette nouvelle instruction vise à rendre la justice plus rapide et plus humaine pour les victimes, tout en envoyant un signal fort aux entreprises : la sécurité des travailleurs est un impératif et les manquements ne resteront pas impunis.

Écrit par Aurélie Tavernier
Responsable Marketing et Communication chez Immersive Factory.
Elle s'est prise d'intérêt pour la sensibilisation à la santé et à la sécurité au travail, convaincue qu’une approche adaptée aux collaborateurs peut transformer la culture sécurité et renforcer la vigilance partagée. Son ambition : encourager toutes les entreprises, quelle que soit leur taille, à s’investir activement dans la prévention santé et sécurité pour le bien-être de leurs employés.