Digital learning : effet de mode ou tendance durable ?

Les entreprises sont de plus en plus friandes de solutions dématérialisées et le digital learning s’invite naturellement parmi les nouvelles méthodes de formation. Il regroupe des approches réputées d’une grande efficacité, offrant notamment une « expérience employé » très qualitative qui contribue à faciliter l’onboarding. Découvrons en quoi consistent ces nouvelles manières d’apprendre, si elles sont réellement à l’origine d’une véritable révolution de l’enseignement ou si elles ne sont que le reflet d’un penchant momentané pour le numérique. 

Le Digital Learning, qu’est-ce que c’est ?

Le digital learning vise à fournir aux apprenants des outils numériques qui les accompagnent dans leur formation et leur apportent des moyens concrets d’atteindre leurs objectifs rapidement et durablement. Ce qui fait l’originalité de ce format, c’est sa capacité à s’adapter à divers types d’attentes. Ainsi, le digital learning aussi bien être utilisé pour la formation en présentiel qu’à distance, offrant des caractéristiques différentes, voire complémentaires, dans chacun de ces cas.

Au cœur de ce format se trouve l’interactivité. Celle-ci permet non seulement d’impacter positivement le niveau de motivation de l’employé pour qui une formation plus classique pourrait sembler rébarbative, mais également de disposer d’outils de suivi et d’évaluation uniques. Grâce à des contenus stimulants, à un grand nombre d’approches pédagogiques proposées et à des solutions d’évaluation ludiques, l’enseignement peut être individualisé afin de correspondre parfaitement aux besoins d’un employé en particulier.

Quels sont les différents formats que permet le digital learning ?

Il est important d’opérer une distinction entre les possibilités qui s’offrent aux formateurs et aux apprenants au sein de la classification « digital learning ». 

Les MOOC

Les MOOC (Massive Online Open Course) — formations gratuites en ligne capables de supporter un très grand nombre de participants à la fois — ainsi que les COOC (Corporate Online Open Course) — même produit, mais s’adressant à un public moins nombreux — en sont un exemple. L’avantage est l’immensité des sujets couverts, l’inconvénient demeure un format peu flexible et relativement passif : vidéos et QCM, éventuellement un forum.

Le social learning

Cette branche du digital learning propose des outils tendance qui font appel aux technologies communément employées par les réseaux sociaux, d’où son nom. Du point de vue de l’apprenant, cette solution est appréciable, car elle ne demande pas de s’approprier de nouveaux instruments d’apprentissage. Le format est aussi naturellement axé sur l’échange entre collaborateurs, ce qui peut contribuer à favoriser le teambuilding. En revanche, il demeure difficile de contrôler la qualité pédagogique, puisque cette approche s’apparente plus à un partage de connaissance qu’à une véritable formation.

Le vidéo learning

Plus axé formation passive, le vidéo learning offre l’avantage d’avoir une bonne scalabilité. Si cette caractéristique profite à l’entreprise, elle ne représente pas forcément un atout pour l’employé qui se retrouve à visionner des modules. Dans certains cas, une forme d’interactivité peut être recouvrée par l’adjonction d’exercices, de glossaires ou d’autres éléments pédagogiques.

L’immersive learning

Unique en son genre, l’immersive learning est la forme la plus aboutie de digital learning. Elle se distingue des autres solutions par son approche entièrement active et centrée sur l’expérience apprenant. Celle-ci met à profit les principes du serious game et de la réalité virtuelle pour créer un univers numérique au sein duquel l’employé évolue dans les conditions de la réalité. De telles simulations trouvent par exemple naturellement leur place parmi les méthodes les plus plébiscitées par les formateurs du monde HSE ou par les entreprises dont les process complexes nécessitent un apprentissage « sur le terrain ». La grande différence est que, malgré une parfaite illusion de réalité, la situation est virtuelle. 

Les avantages de cette solution sont notamment une indéniable simplicité de mise en œuvre par rapport à des exercices grandeur nature. À noter également : l’absence totale de risques pour l’apprenant qui peut même commettre des erreurs sans danger, ou encore un contexte stimulant.

Le digital learning : des formats qui tiennent compte des attentes de l’apprenant

Jusqu’ici, nombre d’approches formatives n’avaient à cœur que de proposer des méthodes pensées pour convenir aux entreprises elles-mêmes, sans forcément tenir compte des employés. Le digital learning n’offre évidemment pas une expérience employé idéale au détriment des besoins de l’entreprise, mais considère la satisfaction du collaborateur comme un moyen de correspondre aux attentes de cette dernière.

Même avec toute la bonne volonté possible, un employé qui ne suit une formation que par devoir, devant parfois suspendre son travail pour s’y plier, ne s’investit que dans une certaine mesure. Lui proposer une formation plus stimulante, c’est donc lui donner les moyens d’acquérir ces nouvelles connaissances plus vite et de les assimiler de manière plus définitive grâce à la pédagogie active. L’outil numérique se prête aussi à une individualisation totale de la formation. Ainsi, aucun risque de mobiliser le temps précieux d’un employé pour suivre une formation reprenant des points qu’il maîtrise déjà. Le digital learning offre un véritable accompagnement et veille à une optimisation parfaite du parcours d’apprentissage.

L’onboarding, quant à lui, présente déjà son lot de difficultés pour le nouveau collaborateur. Celui-ci doit en effet apprendre à appliquer ses connaissances à la manière de fonctionner de l’entreprise, mais également découvrir en peu de temps tous les rouages de cette dernière. Selon ce qui est attendu de lui, il sera en outre amené à acquérir de nouvelles compétences très rapidement pour pouvoir remplir efficacement son rôle. Un outil qui se met à sa portée et lui donne la possibilité de pratiquer tous les gestes nécessaires dans un environnement semblable en tous points à celui dans lequel il évoluera lui permet d’aborder sereinement cette phase clé.

Le digital learning : un outil qui répond aux besoins actuels

Les variantes les plus interactives du digital learning (serious game, réalité virtuelle ou augmentée…) sont celles qui présentent le plus de facteurs de captation. Comme les modules sont développés précisément dans l’objectif d’être apprécié des apprenants, ces derniers y sont forcément plus réceptifs. Le plaisir d’apprendre ayant naturellement pour résultat une démultiplication de l’efficacité, les entreprises se tournent désormais sans hésiter vers ces nouvelles solutions d’apprentissage.

Cependant, les atouts du virtuel vont bien plus loin. Ceux qui le décriaient jusqu’à encore récemment en raison d’une déshumanisation supposée des méthodes d’enseignement revoient aujourd’hui leurs positions. La crise sanitaire ayant mis en lumière l’importance de disposer de moyens fiables et engageants de continuer à se former, même à distance ou de manière isolée, le digital learning s’avère plus pertinent que jamais. Loin d’encourager leurs utilisateurs à évoluer en marge de leurs pairs, les plateformes d’apprentissage virtuel rapprochent au contraire les participants. Ces derniers peuvent se déplacer et interagir au sein du même environnement, communiquer, collaborer, et vivre ensemble des expériences enrichissantes qui leur permettront de mieux mémoriser les enseignements abordés.

Ces outils n’en ont pour autant pas moins leur place en présentiel, où ils peuvent se substituer à des ateliers limités par les contraintes matérielles, géographiques et budgétaires des entreprises. Les employés peuvent donc participer à des workshops on-site qui empièteront beaucoup moins sur leur temps.

Quel avenir pour le digital learning ?

Si le digital learning semble indéniablement répondre aux aspirations de la mouvance pédagogique actuelle, qu’en est-il de la formation de demain ? Une chose est sûre, c’est que l’intérêt de l’interactivité et d’un format ludique se mesurant avantageusement en termes d’efficacité, un retour en arrière apparaît comme peu probable. 

Le digital learning permet également de se conformer à un besoin toujours plus important d’« d’adaptive learning », c’est-à-dire de formations à même de s’ajuster en fonction du parcours de chaque apprenant. Avec l’immersive learning, notamment, l’évaluation peut intervenir en même temps que l’employé progresse. Toute perte de temps est ainsi évitée et le prochain module proposé tient compte des compétences acquises.

Aussi engageante que responsabilisante, cette variante du digital learning fait de l’employé le véritable acteur de sa propre formation. L’ère du numérique contribue à une propension toujours plus marquée de la part des individus à aller chercher par eux-mêmes les informations dont ils ont besoin. Participatifs, dynamiques et accessibles, les contenus digitaux répondent parfaitement à cette recherche d’autonomie.

Pour autant, l’aspect social se voit attribuer une importance grandissante et se place souvent au cœur des interactions professionnelles. Là encore, les outils numériques offrent un degré de collaboration encore jamais atteint avec les méthodes de formation plus traditionnelles.

Loin de créer un besoin que les apprenants ne se connaissaient même pas sous la forme d’un outil amusant qui surfe sur la tendance, le digital learning est l’aboutissement d’un cheminement transformateur. Il découle d’une véritable mouvance sociétale plutôt que d’une volonté de créer de l’innovation « à tout prix ». À ce titre, les caractéristiques qui le définissent seront immanquablement appelées à évoluer avec le temps, non pour répondre aux exigences arbitraires d’une éventuelle mode, mais bien pour pérenniser sa pertinence. Aujourd’hui, le cloud, la réalité virtuelle, la réalité augmentée ou encore l’IoT concourent à faire du digital learning une solution efficace et appréciée de tous. Demain, l’intelligence artificielle et d’autres innovations technologiques façonneront les méthodes d’apprentissage décrites par ce terme. Toujours plus en phase avec les besoins des employés, ces solutions dureront justement parce qu’elles sont conçues pour évoluer.

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